L’importance de la présence

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  • By Camille Poulin
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L’importance de la présence

Apprenez-en plus sur la présence et comment l’appliquer au quotidien dans cet article par Camille, naturopathe du blogue Mon Régal Végétal.

Parfois, en périodes de grands changements (comme un déménagement - petit clin d’œil au nouveau chapitre de la boutique), ou tout simplement à force de vivre quotidiennement dans la même routine, on en vient à idéaliser le passé ou à devenir anxieux face au futur. Il existe cependant un outil merveilleux pour éviter ce piège mental : la pratique d’une méditation active constante, qui permet de savourer davantage le présent sans se soucier du passé ou de l’avenir. Apprenez-en plus sur la présence et comment l’appliquer au quotidien dans cet article par Camille, naturopathe du blogue Mon Régal Végétal.

Qu’est-ce que la présence?

La présence, aussi appelée pleine conscience, est l’action d’être simplement attentif à son corps, ici maintenant. Bien que cela puisse sembler évident, peu de gens dans notre société sont aujourd’hui capables d’appliquer ce principe à leur vie mouvementée, chargée d’exigences et de responsabilités. Vous seriez étonnés de vous rendre compte à quel point on passe souvent la majorité de notre temps à vivre dans notre tête plutôt que dans notre corps physique! Quelle est la dernière fois que vous avez pris le temps de vous arrêter cinq minutes pour simplement respirer et observer comment vous vous sentez? Souvent, aspirés dans la spirale de réflexions du mental, on ne réalise plus que notre corps nous envoie des signes, par exemple qu’il est fatigué ou tendu. On néglige notre santé, ne songeant qu’à tout ce que l’on a à faire et se mettant à imaginer des scénarios dans lesquels telle ou telle chose pourrait éventuellement se produire… Quand on prend finalement le temps de s’arrêter, ce n’est souvent pas pour faire une introspection, mais souvent pour abrutir notre conscience en concentrant notre attention partout sauf à l’intérieur de nous, par exemple en passant notre temps libre à « scroller » sur les réseaux sociaux.

Vous retrouvez-vous dans cette description? Fait-elle naître en vous des sentiments tels que la colère ou la tristesse? Pourtant, vous n’êtes pas seul dans cette situation. Notre société a engendré un monstre d’anxiété collective, où le mental joue une place dominante. Or, pourquoi toujours chercher à imaginer le pire? Pourquoi sans cesse repenser de manière nostalgique à certains évènements heureux de notre passé qui nous semblent tellement plus invitants que notre présent? La pleine conscience, c’est le fait de se concentrer sur le présent, sur ce qu’on est et ressent en ce moment précis, puisqu’il est le seul moment que l’on n’aura jamais; le futur comme le passé ne sont pas tangibles, l’un et l’autre ne peuvent être contrôlés. Le futur est incertain et n’est basé que sur des hypothèses générant souvent plus d’anxiété qu’autre chose, tandis que le passé ne reviendra pas. Le seul moment sur lequel on a un impact certain, c’est le présent, mais on le gaspille souvent à penser aux dimensions passées ou futures!

Parfois, pour certains, ces réflexions peuvent sembler fatalistes, mais c’est en fait ne pas comprendre ce qu’est réellement la présence. En effet, elle ne veut pas dire qu’on ne doit pas avoir de plans et de projets pour le futur; elle signifie simplement que les grandes lignes directrices sont posées pour savoir où l’on s’en va, mais qu’on n’est pas sans cesse en train d’angoisser face aux éventuels imprévus qui, comme leur nom l’indique, sont imprévisibles.

Par ailleurs, la présence, c’est aussi être parfaitement attentif à ce qui nous entoure, principalement à la nature. Toutes les saisons sont bonnes pour nous ramener au concept de présence, mais combien d’adultes s’émerveillent encore devant la beauté des cycles de la vie? Les bourgeons qui germent au printemps, les fleurs qui poussent et resplendissent de couleur en été, les mille reflets chatoyants de l’automne, les doux flocons de neige qui volettent en hiver, la vie qui vibre dans chacune des manifestations de la nature qui se renouvelle sans cesse… tout est une invitation à observer pleinement et à savourer le présent.

Les bénéfices d’être présent

La pleine conscience amène une profonde connexion à soi et à ce qui nous entoure. Comme on est plus à l’écoute de notre corps, on est donc davantage attentif à nos ressentis, nos émotions et nos besoins, ce qui amène un plus grand respect de soi et des autres. On est aussi capables d’observer certains mécanismes inconscients qui sont présents en nous et entraînent des réactions automatiques, ce qui permet à long terme de déjouer ces blessures et mécanismes défensifs profondément enfouis. Par exemple, si l’on se met facilement en colère sans trop savoir pourquoi, il se peut que cela vienne d’une blessure émotionnelle qui, lorsqu’elle est avivée par des paroles ou des gestes d’autrui, viennent déclencher le mécanisme de la colère. Or, en prenant conscience de la cause de cette colère (en observant notre ressenti et le développement de celle-ci par des symptômes physiques comme le souffle court, la poitrine contractée, etc.), on est alors capables de prendre du recul face à ce sentiment et, au lieu d’embarquer dedans et de se fâcher, on peut alors simplement désamorcer la situation et l’empêcher de nous faire réagir. Cela demande évidemment de la pratique, mais devient sincèrement bénéfique à long terme puisque l’on comprend mieux la source intérieure de nos propres émotions et que, au lieu d’en être simplement les victimes, on peut alors les identifier et les apaiser.

Un autre bénéfice de la présence est que l’anxiété en est grandement diminuée, puisque l’on tombe beaucoup moins facilement dans la nostalgie du passé ou les scénarios exagérés du futur. Souvent, un sentiment de sérénité et de joie est beaucoup plus présent au quotidien. Les gens qui pratiquent la pleine conscience ne sont pas parfaits, et là n’est pas le but de l’exercice. Ils se mettent aussi parfois en colère ou se sentent dépassés par une situation. La différence est qu’au lieu de voir cela comme un évènement négatif, ces personnes prennent le temps d’accueillir leurs émotions et, par le pouvoir de leur conscience dirigée vers elles, parviennent à en atténuer ou prévenir l’impact sur leur corps (installation de tensions ou de maladies, etc.).

Comment intégrer cette pratique au quotidien

La méditation est la manière la plus simple de pratiquer la présence, puisqu’elle requiert un haut niveau de concentration sur sa respiration et ses sensations physiques. Par le fait même, elle aide à décrocher du mental et à entrer dans la pleine conscience du présent.

Le truc pour s’initier à la pleine conscience pour quelqu’un qui n’y est pas habitué est de procéder graduellement pour éviter le découragement. En effet, un esprit qui n’a jamais pratiqué la présence se retrouve souvent à vagabonder, presque inconsciemment, vers le passé ou le présent, tant ces mécanismes sont profondément ancrés. Si on essaie trop brusquement de modifier ces pratiques, on risque de se heurter à des frustrations. C’est pourquoi on peut commencer par essayer de méditer un petit cinq minutes matin et soir. On doit d’abord s’installer dans un endroit calme, exempt de distractions, assis confortablement sur un petit coussin (les jambes croisées) ou une chaise (les pieds bien ancrés au sol). On peut aussi mettre une minuterie, au début, si cela nous aide à orienter notre séance. L’objectif est par la suite de concentrer notre attention sur la respiration, c’est-à-dire sur le souffle qui entre et sort de nos narines ou sur la manière dont notre poitrine se gonfle et se dégonfle. On ne doit pas essayer de contrôler notre respiration ou porter de jugement sur celle-ci, mais plutôt se contenter de l’observer dans son expression naturelle. Si notre esprit vagabonde, c’est tout à fait normal, surtout au début; il ne faut pas se décourager mais, dès qu’on prend conscience qu’on a perdu notre focus, on redirige celui-ci vers la respiration. On peut ainsi augmenter graduellement à 10 minutes une à deux fois par jour, voire plus si cela nous convient.

Par la suite, à force de pratique, il sera possible d’appliquer cette prise de conscience du corps et des sensations à tout l’organisme, en se concentrant sur une zone précise, de la tête au pied. À long terme, le but est de parvenir à méditer de façon active, c’est-à-dire en tout temps, pas juste en étant tranquillement assis. On se met ainsi graduellement à élever son niveau de conscience de soi et à diminuer son anxiété en parvenant à méditer dans le trafic, au travail ou quand un moment de tension surgit dans notre vie.

Quelques outils pour vous guider vers la présence

Cet article se voulait une introduction à la pleine conscience, mais ne saurait suffire à vous y mener. Il existe cependant de nombreux outils pour vous aider à intégrer cette pratique bénéfique dans votre existence. Je recommande fortement le livre « Le pouvoir du moment présent » de Eckhart Tolle, l’un des meilleurs ouvrages jamais écrits sur la spiritualité et la présence, dans un langage évocateur et accessible. Par ailleurs, l’éco-boutique offre de nombreux cours de yoga et de méditation qui peuvent grandement vous aider à développer des outils en ce sens. Vous pouvez visiter l’horaire des cours en cliquant sur le calendrier dans l’onglet « Cours et ateliers » du site web. Finalement, des retraites de yoga ou de méditation (comme le Vipassana) sont également offertes à divers emplacements au Québec et peuvent être utiles à ceux qui désirent approfondir leur pratique.

J’espère que cet article vous aura inspiré à tendre vers la pleine conscience et à dire au revoir à vos tensions intérieures!

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