Bien accueillir le printemps avec les plantes médicinales

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  • By Camille Poulin
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Bien accueillir le printemps avec les plantes médicinales

Quel rude hiver ce fût cette année au Québec! Bien que nous ne l’ayons peut-être pas encore réalisé, encore secoués par la récente tempête de verglas et de neige ayant surgit il y a deux semaines à peine, la saison des beaux jours se taille progressivement une place dans notre province gouvernée par la grisaille hivernale. Et qui dit retour du printemps, dit petit nettoyage qui va avec!

En effet, avec l’hiver que l’on vient de passer et le retour du soleil, c’est le temps de faire le ménage de notre chez-soi, tant environnemental (notre maison) que physique (notre corps). Au printemps, notre organisme se « réveille » après avoir été en mode « hibernation », c’est-à-dire fonctionnement au ralenti, durant l’hiver. Il se peut donc que nos organes émonctoires (comme le foie et les reins) soient un peu en mode « repos » et aillent grand besoin d’un coup de pousse pour accueillir le printemps et chasser les toxiques!

Rien de mieux que d’utiliser à cet escient les plantes que la nature nous offre au printemps pour soutenir notre corps dans ce processus de nettoyage en profondeur, mais tout en douceur! Découvrez les plantes préférées de Camille du blogue Mon Régal Végétal dans cet article printanier!

Le pissenlit

S’il y a UNE plante que j’adore pour soutenir le travail des émonctoires le printemps venu, c’est bien le pissenlit. Il s’agit de l’une des premières plantes à pousser lorsque la neige fond et il ne mérite vraiment pas sa réputation d’indésirable puisqu’il regorge de bénéfices! Ses belles feuilles amères riches en minéraux peuvent être récoltées (sur un terrain sans pesticides évidemment) dès leur sortie du sol et être consommées en début de repas ou dans une salade pour stimuler la sécrétion de bile par le foie et faciliter tant la digestion que l’élimination des toxiques. Par ailleurs, les feuilles ont une action diurétique, facilitant l’élimination des déchets du corps par l’urine.

D’un autre côté, la racine de pissenlit (souvent récoltée à l’automne, puis séchée) gagne également à être consommée au printemps pour son effet nettoyant et diurétique. Elle aide à acheminer les toxiques aux émonctoires pour qu’ils soient davantage éliminés. Elle forme une équipe hors-pair avec la bardane dont il est question ci-dessous.

La bardane

La bardane est une plante dite « altérative », c’est-à-dire qu’elle aide à nettoyer et purifier les liquides du corps (liquide intra et extracellulaire, sang, lymphe). En fait, elle possède la capacité de faire sortir les toxiques des cellules et de les ramener en circulation dans le sang, ce qui peut entraîner des « crises de guérison » si les toxiques sont abondants et mal éliminés par les émonctoires. Pour ce faire, il est rarement conseillé de prendre la bardane seule, mais plutôt de l’associer au pissenlit pour former une équipe du tonnerre, ce dernier aidant à acheminer les toxiques jusqu’au foie et aux reins pour qu’ils y soient éliminés.

La meilleure manière de consommer ces deux plantes est de faire une décoction de leurs racines sèches (à concentration variable, jusqu’à 1 ½ c. à table de chaque pour 1L d’eau), puis d’en consommer 1 à 2 tasses par jour pour un minimum de 2 semaines. Choisissez évidemment des plantes biologiques, comme celles de la Clef des Champs, pour éviter de rajouter une charge de travail à votre foie!

L’ortie

L’ortie est sans hésiter ma plante « toute-saison » préférée à utiliser au quotidien pour améliorer la santé. Extrêmement nourrissante, alcalinisante (de par sa teneur en chlorophylle et en minéraux comme le calcium) et reminéralisante, elle apporte au corps de nombreux nutriments essentiels à son bon fonctionnement et à l’efficacité des phases de détoxification hépatique qui requièrent plusieurs acides aminés, vitamines et minéraux. Par ailleurs, son action diurétique favorise également l’élimination des déchets métaboliques via les reins. Elle apporte nutrition et soutien à toute phase de la vie et en toute saison, mais ses vertus sont particulièrement appréciées au printemps pour aider le corps dans son nettoyage.

L’une des meilleures façons de consommer l’ortie est à mon avis d’en faire une infusion prolongée pour vraiment aller chercher le maximum de nutriments. Vous pouvez faire infuser environ 3 c. à table par litre (parfois plus, jusqu’à 30 g/L pour une concentration intense) dans de l’eau chaude et laisser reposer toute la nuit, puis boire le lendemain (1 à 2 tasses par jour). En général, un pot Mason de 1L dure 2 jours si vous en buvez beaucoup (pensez cependant à réfrigérer l’infusion, sinon elle pourrira rapidement).

Si vous voulez profiter des vertus anti-histaminiques (anti-allergiques) incroyables de l’ortie pour prévenir les allergies saisonnières en même temps, il est préférable d’opter pour une teinture-mère d’ortie fraîche comme celle de La Clef des Champs. En effet, les substances anti-histaminiques de l’ortie (comme la quercétine) ne supportent pas vraiment le séchage, si bien qu’une infusion ou une teinture-mère à base de feuilles sèches aura l’effet reminéralisant, mais pas vraiment celui anti-allergique.

Jus d’herbe de blé

Le jus d’herbe de blé est une véritable bombe de vitalité. J’y ai d’ailleurs déjà consacré un article complet sur mon site web juste ici : Mon Regal Végétal. En gros, le jus d’herbe de blé est un élixir de vitalité chargé de chlorophylle, vitamines, minéraux et acides aminés. Consommer un petit « shooter » d’environ 20 ml par jour, c’est l’équivalent de consommer 1.3 kg de légumes verts crus bio d’un coup en termes de nutriments (évidemment sans compter les fibres)!

Un peu comme l’ortie, il favorise l’élimination des toxiques de l’organisme en soutenant le foie dans son travail de détoxification tout en nourrissant chaque cellule en profondeur. Il revitalise, réénergise et est sincèrement la bienvenue pour redonner du « pep » lorsque l’on manque d’énergie après un long hiver! Il s’agit d’un superaliment extrêmement puissant que je conseille d’intégrer à son quotidien presque en toute saison, spécialement l’automne, l’hiver et le printemps (puisque l’été, avec l’abondance de légumes frais locaux et de soleil, le besoin d’en consommer se fait parfois moins sentir).

La meilleure manière de consommer le jus d’herbe de blé est lorsqu’il est fraîchement pressé, rendant sa concentration en enzymes et vitamines maximale. Cependant, rares sont ceux qui se font pousser de l’herbe fraîche et surtout qui ont le temps de le presser tous les matins (le jus frais ne pouvant être conservé plus de 24h au réfrigérateur puisqu’il s’oxyde alors rapidement). C’est pourquoi il existe certaines compagnies, comme Univert, qui vendent du jus d’herbe de blé bio sous forme congelée. Le jus perd un peu de son goût sucré et de sa texture, mais conserve ainsi la majorité de ses nutriments et se trouve aussi beaucoup plus abordable à consommer. Il suffit de dégeler un petit contenant le soir au frigo et hop, le lendemain matin, on le boit à jeûn, on attend idéalement 30 minutes avant de manger et le tour est joué!

En conclusion…

Il y aurait tant d’autres plantes alliées dont je pourrais parler dans cet article, comme l’artichaut, les asperges ou encore le chardon-marie, mais retenez bien que chaque plante a ses vertus et que chaque personne possède une individualité biochimique différente qui peut orienter le thérapeute qui vous conseille (herboriste, naturopathe) de manière différente. Avant de commencer une petite cure de nettoyage comme rite de passage naturel vers le printemps, comme le faisaient autrefois les peuples qui vivaient en relation avec la Nature, renseignez-vous auprès de naturopathes comme celles disponibles à l’éco-boutique afin de faire un choix qui vous convienne bien en tant qu’individu unique!

Sur ce, bon printemps!

Camille, naturopathe étudiante

Mon Régal Végétal

Veuillez noter que cet article ne remplace nullement un avis médical. Consultez votre médecin ainsi qu’un(e) naturopathe compétent(e) avant de prendre des plantes médicinales pour voir si elles vous conviennent, surtout si vous prenez des médicaments ou souffrez de troubles de santé. Notez aussi qu’il n’est pas conseillé de faire un nettoyage de l’organisme si vous êtes enceinte ou allaitez.

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